Anna Magazine
You Are Reading

WORK : Un fauteuil pour deux

1
Ambition

WORK : Un fauteuil pour deux

Par Gabrielle*.

Gabrielle*, femme juive ambitieuse de 26 ans, j’ai souvent rencontré les difficultés à allier ambition, engagement et judaïsme. Aujourd’hui associée à Yossef*, mon héros et bourreau, j’espère partager avec vous les miracles mais aussi les aléas d’un parcours sans limite et sans barrière où j’ai dû passer par la fenêtre devant des portes trop souvent fermées.

 

Le goût du fauteuil de boucle d’or. Un fauteuil trop grand pour une seule personne mais trop petit pour deux egos.

Je fais confiance aveuglément à mon associé Yossef. C’est la base de notre collaboration, être le premier soutien professionnel de l’autre mais aussi contrôler l’autre.

Au milieu de cette confiance se confond, comme dans tout rapport humain, les besoins souvent non assouvis de reconnaissance, de statuts, de légitimité ou plus simplement comme il aime l’appeler d’ego.

 

Qui veut diriger a de l’ego et Yossef veut diriger. 

Yossef vit selon les lois de la Torah et dit agir tous les jours, dans les grandes décisions comme dans les petites, en se demandant comment un bon juif agirait.

Dans ce contexte, avoir de l’égo est impossible dans la mesure où nous savons ce que dit la Torah sur ce défaut. Donc en théorie Yossef n’a pas d’ego.

Dans les faits, j’en doute…

Qui veut diriger a de l’égo et Yossef veut diriger.

Dernièrement encore, alors que nous étions en rendez vous avec un client, Yossef est revenu sur une parole que j’avais donnée au client. Il s’agissait d’un client que j’avais prospecté. Je l’avais bien briefé sur les conclusions du dernier rendez-vous et j’avais bien expliqué à Yossef ce que j’avais affirmé au client.

Par contre quand lui veut son bureau attitré, gérer les comptes, ou prendre la décision finale,  ce n’est pas de l’égo c’est de la gestion. 

Je n’étais pourtant qu’à moitié surprise lorsque durant le rendez vous, celui ci s’est mis à me contredire sans m’en avoir parlé.

Lorsque je lui ai fait la réflexion, une fois le rendez-vous fini, en lui expliquant que cela me discréditait, celui-ci a mis ce besoin de crédit sur le dos de l’égo. Or, je connais tellement bien mon travail que c’est moi qui ai convaincu ce client. Pourquoi balayer ma réflexion pour en faire une mesquinerie et non une demande productive ?

Par contre quand lui veut son bureau attitré, gérer les comptes, ou prendre la décision finale,  ce n’est pas de l’égo c’est de la gestion.

Evidemment, si une femme réclame un statut, cela est vu comme de l’égo et non de l’ambition. Cela devient une récompense, un véritable geste, ça ne va pas de soi.

Pour un homme, et bien c’est naturel, il obtient son dû et on se garderait bien de parler d’ego.

Et si cela est interprété comme de l’ego et bien soit…

Peu importe comment cela s’appelle et peu importe comment cela est tourné.

Le meilleur conseil que je pourrai donner est de toujours réclamer ce que l’on mérite et la légitimité qui va avec son travail. Et si cela est interprété comme de l’égo et bien soit…. Vous dormirez quand même sur vos deux oreilles et avec ce que l’on vous doit.

J’ai la chance de travailler avec Yossef qui peu importe les désaccords et nos perceptions différentes du monde, ne veut que mon bien. Il agit profondément sans jamais vouloir agir contre moi et a même la volonté d’agir pour moi.

Pourtant, femme et homme, bien qu’associés, nous sommes différents et ce n’est pas à l’autre de deviner la carte du monde, c’est à vous de l’expliquer et de vous manifester.

*Le prénom a été modifié. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.